Interprétation des rêves à réveiller Freud

Number of View: 113

IMMERSION MENTALE
IMMERSION MENTALE Le spectateur se retrouve égaré dans l’encéphale convulsif du protagoniste. (FOX-WARNER)
Entraîné à entrer (au sens littéral du terme) dans le subconscient du quidam endormi, Leonardo DiCaprio nous précipite dans une mise en abîme vertigineuse. Enfin un «blockbuster» qui ne fait pas injure à l’intelligence du spectateur. Fascinant, malgré un final un peu trop pétaradant à notre goût.

Pour le plus grand plaisir du spectateur, Christopher Nolan connaît l’art d’échapper au formatage qui caractérise la plupart des superproductions usinées à Hollywood, comme il l’a prouvé avec la sixième mouture des aventures de Batman («The Dark Knight», 2008), d’une noirceur et d’une ambiguïté revigorantes. Biographe retors du justicier masqué, ce réalisateur prodige d’origine britannique, qui va sur ses 40 ans, excelle encore davantage dans le genre du thriller psychique qui brouille à loisir les repères du spectateur, à l’exemple de «Memento» (2000) et du «Prestige» (2006), face à face haletant entre deux magiciens de la Belle Epoque rompus aux stratagèmes paranormaux.

Dès les premiers plans de «Inception» (un terme anglais qui définit les «débuts», le «commencement» d’une entreprise), le cinéphile ne manquera pas de faire la relation avec le récent «Shutter Island» (2010) de Martin Scorsese. Dans le rôle de Dom Cobb, espion d’un type inédit, Leonardo DiCaprio réapparaît sous un visage quasi identique: blafard, tourmenté, coupable. Le sixième long-métrage de Nolan procède effectivement de la même immersion mentale, en nous égarant à loisir dans l’encéphale convulsif de son protagoniste, jusqu’à rendre indiscernables les différents niveaux de perception. Pour mémoire, le philosophe du cinéma Gilles Deleuze qualifiait à raison ce genre d’œuvres de «films cerveaux». Autre parenté avec le dernier film de Scorsese, une biographie dramatique qui hante le «héros», engagé dans un travail de deuil interminable.

Recherché aux Etats-Unis, où on l’accuse d’avoir tué sa femme, Dom Cobb doit exercer à l’étranger ses talents particuliers dans le domaine de l’espionnage industriel. En mesure de pénétrer dans l’esprit de ses «victimes», Cobb a l’aptitude de créer des rêves que ses proies assoupies prennent pour la réalité. Faisant irruption dans cet univers chimérique, notre manipulateur a alors tout loisir de ravir leurs secrets les plus enfouis. Approché par un magnat japonais, Cobb accepte de circonvenir le subconscient du futur héritier d’un empire industriel, dans le noir dessein de ruiner son négoce avant qu’il n’en prenne possession. En cas de réussite, son commanditaire garantirait son immunité, ce qui lui permettrait de revoir enfin ses deux enfants restés en Amérique… N’en disons pas plus, sinon que l’auteur de «Insomnia» (2002) a réussi à créer un labyrinthe onirique sans précédent, sans avoir recours à la projection stéréoscopique, à l’image de cette séquence inouïe où Paris se plie littéralement au désir inconscient du personnage. /VAD

Réalisateur: Christopher Nolan

Genre: science-fiction, thriller

Durée: 2h28

Age: 14 ans, suggéré 16

Avec: Leonardo DiCaprio, Ellen Page

Cinémas: Neuchâtel, Rex;

La Chaux-de-Fonds, Eden

VINCENT ADATTE

Cette entrée a été publiée dans Hypnose indirecte. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>